Europe de l'Ouest & Türkiye · Mis à jour le 24 septembre 2026
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Données industrielles · France · Insee et sources nationales, consultées le 24 septembre 2026

France : les données industrielles derrière une décision d’usine en 2026

Une valeur ajoutée stable, 20 200 emplois salariés de moins, 42 % des industriels incapables de produire davantage avec leurs moyens actuels et 37 % en difficulté de recrutement. Ce que disent l’Insee et la statistique publique d’une usine française en 2026, avec la publication derrière chaque chiffre.

En brefL’industrie manufacturière française a produit 299,3 Md€ de valeur ajoutée en 2025 aux prix courants, soit 11,2 % de la valeur ajoutée de l’ensemble de l’économie (somme des cinq branches manufacturières des comptes nationaux de l’Insee, données provisoires ; la part est notre calcul). Elle comptait 2 831 500 emplois salariés fin 2025, 20 200 de moins qu’un an plus tôt. En juillet 2026, 82 % des capacités de production étaient utilisées, 42 % des industriels déclaraient ne pas pouvoir produire davantage avec leurs moyens actuels et 37 % signalaient des difficultés de recrutement. L’heure de main-d’œuvre industrielle coûtait environ 47,1 € en 2025 et l’électricité des consommateurs non résidentiels 0,1488 € le kWh en moyenne.

Valeur ajoutée et emploi

Industrie manufacturière en France : valeur ajoutée par branche et emploi salarié
Indicateur20242025
Valeur ajoutée manufacturière, somme des branches C1 à C5 (Md€, prix courants)298,4299,3 (provisoire)
dont denrées alimentaires, boissons et tabac (C1)50,648,2
dont cokéfaction et raffinage (C2)2,61,7
dont équipements électriques, électroniques, informatiques et machines (C3)37,537,8
dont matériels de transport (C4)41,343,6
dont autres produits industriels (C5 : métallurgie, chimie, pharmacie, plasturgie, bois, papier, textile, etc.)166,4168,0
Part dans la valeur ajoutée de l’ensemble de l’économie (notre calcul)11,4 %11,2 %
Industrie y compris extraction, énergie et eau (agrégat Insee BE, Md€)366,3358,5
Emploi salarié manufacturier en fin d’année, hors intérim (milliers)2 851,7 (déduit)2 831,5

Insee, comptes nationaux base 2020, valeur ajoutée par branche aux prix courants (publié le 29 mai 2026) ; 2024 semi-définitif, 2025 provisoire. L’Insee ne publie pas l’industrie manufacturière sur une ligne : le total est notre somme de ses cinq branches manufacturières, et la part le rapporte au total de l’économie (2 624,9 Md€ en 2024, 2 664,9 Md€ en 2025). Emploi : estimations trimestrielles d’emploi salarié de l’Insee, CVS, fin du 4e trimestre 2025 (publiées le 27 février 2026) ; le niveau de fin 2024 est 2 831,5 plus la baisse publiée de 20,2.

En volume, la production manufacturière a progressé de 1,2 % en 2025 et sa valeur ajoutée de 0,6 %, pour une production totale de 981 Md€ (Insee, juillet 2026). La production du 4e trimestre 2025 dépassait de 2,0 % celle du 4e trimestre 2024 (indice de production industrielle). La valeur ajoutée nominale a peu bougé pendant que les effectifs baissaient : moins de personnes ont produit un peu plus. C’est la forme que prend un problème de productivité horaire quand il se règle par l’attrition plutôt que par la méthode.

Entreprises et répartition de la valeur ajoutée

Entreprises de l’industrie manufacturière en France, 2023 (Ésane)
ActivitéValeur ajoutée hors taxes (M€)
Denrées alimentaires et boissons55 715
Matériels de transport49 926
Métallurgie et produits métalliques29 914
Industrie chimique27 983
Autres industries manufacturières ; réparation et installation de machines24 813
Ensemble : 266 068 entreprises, 2 935 313 salariés en équivalent temps plein302 634

Insee Ésane 2023, toutes tailles d’entreprises, publié le 18 septembre 2025. Ésane mesure des entreprises et non les branches des comptes nationaux : son total diffère du premier tableau. Les produits informatiques et électroniques, les équipements électriques et les machines sont trois activités distinctes dans ce tableau (17,2 Md€, 11,5 Md€ et 17,9 Md€) ; réunies, elles arriveraient en troisième position, somme qui est la nôtre. Le textile et le tabac sont couverts par le secret statistique.

L’entreprise manufacturière française moyenne emploie environ 11 salariés en équivalent temps plein (2 935 313 divisés par 266 068, notre calcul) et le secteur a investi 51,9 Md€ en actifs corporels en 2023, surtout dans l’agroalimentaire (9,9 Md€), les matériels de transport (7,4 Md€) et la chimie (5,9 Md€). Le solde des ouvertures et fermetures d’usines est devenu négatif : 63 fermetures de plus que d’ouvertures en 2025, après 15 en 2024, selon l’observatoire privé Trendeo cité par la Banque des Territoires.

Capacités, goulots et recrutement

Enquête trimestrielle de conjoncture de l’Insee dans l’industrie (% d’entreprises, capacités en %)
IndicateurMoyenne de long termeOct. 2025Janv. 2026Avr. 2026Juil. 2026
Taux d’utilisation des capacités de production8382808182
Entreprises ne pouvant pas produire davantage avec leurs moyens actuels2537334442
Entreprises déclarant des difficultés de recrutement3338393637

Insee, Informations rapides n°179, publié le 23 juillet 2026. Taux d’emplois vacants dans l’industrie et la construction (NACE B à F) en France : 2,3 % au 2e trimestre 2026, 2,2 % au 1er (Eurostat, 15 septembre 2026 ; pas uniquement l’industrie manufacturière, et Eurostat signale que les données françaises ne sont pas strictement comparables).

La configuration est inhabituelle. Le taux d’utilisation des capacités reste juste sous sa moyenne de long terme, mais 42 % des industriels disent ne pas pouvoir absorber de commandes supplémentaires, contre 25 % en moyenne sur longue période. Quand la ligne moyenne n’est pas pleine mais qu’une large minorité d’entreprises est bloquée, la contrainte est précise : une machine goulot, une compétence, une équipe impossible à pourvoir. C’est précisément le cas où récupérer les heures perdues sur les lignes existantes coûte moins cher que toute autre capacité.

Coût du travail et de l’énergie

L’heure de main-d’œuvre industrielle coûtait environ 47,1 € en 2025 (estimation annuelle Eurostat publiée par Destatis), contre 35,0 € pour l’UE-27 (Eurostat lc_lci_lev). L’électricité des consommateurs non résidentiels coûtait 0,1488 € le kWh en moyenne en 2025, hors TVA, 16 % sous la moyenne européenne (SDES, 23 juillet 2026). L’accès régulé à l’électricité nucléaire historique (ARENH) a pris fin le 31 décembre 2025 ; pour 2026-2028, la CRE a retenu un coût complet de production nucléaire de 60,3 €2026/MWh, référence du nouveau mécanisme qui taxe les revenus nucléaires d’EDF au-delà de seuils (avis de la CRE du 16 décembre 2025 sur le projet de décret). Le prix payé par une usine dépend de son propre contrat.

IA et numérique

17 % des industriels de 10 salariés ou plus utilisaient au moins une technologie d’intelligence artificielle en 2025, contre 7 % en 2024 ; tous secteurs confondus, la proportion était de 18 % (Insee Première n°2120, 21 juillet 2026). La France se situe au niveau de l’industrie de l’UE-27 (17,3 % en 2025, Eurostat isoc_eb_ain2). La vague 2025 de l’enquête européenne a posé un jeu de questions plus large sur l’IA : une partie de la hausse est méthodologique. 2025 sert à classer, pas à mesurer une croissance.

Ce que cela change pour une usine

  • Trouver les heures avant de recruter. Avec 37 % des industriels en difficulté de recrutement et 42 % incapables de produire davantage, la capacité la moins chère est le temps déjà perdu sur les lignes existantes : arrêts non enregistrés, cadences ralenties, changements de série qui débordent.
  • Chiffrer l’heure d’arrêt. À 47,1 € de l’heure, vingt opérateurs en attente pendant un poste de huit heures représentent environ 7 500 € de main-d’œuvre directe. C’est un calcul sur le taux publié, avant les effets machine, commande ou pénalité.
  • En France, c’est le temps de travail qui fait la valeur d’un point de TRS. Sur une ligne de référence en deux équipes, un point de TRS vaut 12 436 € par an aux coûts français, dont environ neuf euros sur dix de temps de main-d’œuvre.
  • Budgéter avec le changement de régime en tête. Les contrats post-ARENH varient fortement : mesurez l’énergie par pièce et non par mois, pour que la prochaine négociation parte de vos propres chiffres.
TransparenceCe site est édité par TEEPTRAK SAS, qui commercialise un logiciel de suivi de production et de TRS (plus de 450 usines équipées dans plus de 30 pays ; bureaux à Paris, Chicago, Shenzhen et Bucarest). Lisez les chiffres ci-dessus comme des données et cette ligne comme l’intérêt qui les accompagne. Pour une usine française, l’ordre honnête est le suivant : s’accorder sur les pertes à réduire, relever les causes d’arrêt à la main pendant un mois, puis décider si un système dédié, un module de MES déjà payé ou un intégrateur local est le moyen le moins cher de continuer.
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Un PDF avec le chiffre français, la sensibilité au nombre d’équipes, à l’effectif et au TRS de départ, le tableau des 22 pays et les sources.

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Questions

Combien de personnes travaillent dans l’industrie manufacturière française ?
2 831 500 emplois salariés fin 2025, hors intérim, soit 20 200 de moins qu’un an plus tôt (estimations trimestrielles d’emploi de l’Insee, CVS, publiées le 27 février 2026). Ésane recense 2 935 313 salariés en équivalent temps plein dans 266 068 entreprises manufacturières en 2023.
Quelle valeur ajoutée produit l’industrie manufacturière française ?
299,3 Md€ en 2025 aux prix courants (provisoire), somme des cinq branches manufacturières des comptes nationaux de l’Insee, soit 11,2 % de la valeur ajoutée de l’ensemble de l’économie selon notre calcul. Avec l’extraction, l’énergie et l’eau, l’industrie a produit 358,5 Md€.
Les usines françaises tournent-elles à pleine capacité ?
Pas en moyenne : le taux d’utilisation des capacités était de 82 % en juillet 2026, juste sous sa moyenne de long terme de 83 %. Mais 42 % des industriels déclaraient ne pas pouvoir produire davantage avec leurs moyens actuels s’ils recevaient plus de commandes, contre 25 % en moyenne de long terme (enquête de conjoncture de l’Insee, juillet 2026).
Combien d’industriels français utilisent l’IA ?
17 % des industriels de 10 salariés ou plus utilisaient au moins une technologie d’IA en 2025, contre 7 % en 2024 (Insee Première n°2120). L’enquête 2025 posait des questions plus larges : une partie de la hausse est méthodologique.
Combien coûte l’électricité à un industriel français ?
Les consommateurs non résidentiels ont payé 0,1488 € le kWh en moyenne en 2025, hors TVA, 16 % sous la moyenne européenne (SDES). L’ARENH a pris fin le 31 décembre 2025 ; le prix 2026 d’une usine dépend de son propre contrat.

Sources

  1. Insee : Valeur ajoutée par branche, données annuelles 1949-2025, base 2020 (29 mai 2026)
  2. Insee Informations rapides n°53 : emploi salarié au 4e trimestre 2025 (27 février 2026)
  3. Insee : Caractéristiques de l’industrie manufacturière par activité, Ésane 2023 (18 septembre 2025)
  4. Insee : Indicateurs macroéconomiques de l’industrie manufacturière, 2025 (21 juillet 2026)
  5. Insee Informations rapides n°33 : production industrielle en décembre 2025 (5 février 2026)
  6. Insee Informations rapides n°179 : enquête trimestrielle de conjoncture dans l’industrie, juillet 2026 (23 juillet 2026)
  7. Insee Première n°2120 : les TIC dans les entreprises en 2025 (21 juillet 2026)
  8. Eurostat, indicateurs euro : taux d’emplois vacants, 2e trimestre 2026 (15 septembre 2026)
  9. Destatis : coût horaire de la main-d’œuvre dans l’UE, industrie manufacturière (estimation annuelle Eurostat, 2025)
  10. SDES : Prix de l’électricité en France et dans l’UE en 2025 (23 juillet 2026)
  11. CRE : délibération n°2025-268 sur le projet de décret relatif au versement nucléaire universel (16 décembre 2025)
  12. Banque des Territoires, 9 février 2026 : solde net d’usines en 2025, d’après Trendeo (reprise)
  13. ManufacturingML : l’industrie d’Europe de l’Ouest en 2026, les données Eurostat (comparaisons UE-27)

Publié par TEEPTRAK SAS, éditeur d’un logiciel de suivi de production et de TRS. Chaque chiffre est sourcé sur la page ; les totaux et parts signalés comme nos calculs sont faits sur les chiffres publiés. Les statistiques sont révisées : vérifiez la publication officielle avant de budgéter ou de vous engager.